Le recyclage des plastiques a longtemps été un sujet complexe pour les chercheurs. Alors que 430 millions de tonnes sont produites chaque année et que les méthodes actuelles peinent à préserver la qualité des matériaux, des innovations récentes offrent un espoir tangible.
Des scientifiques ont trouvé la solution pour recycler efficacement le plastique
Des chercheurs de l’université de Californie à Berkeley ont développé une méthode révolutionnaire capable de décomposer les plastiques en leurs blocs constitutifs, promettant une circularité inédite dans l’industrie. En quoi consiste donc cette nouvelle approche qui se veut plus durable et plus viable économiquement ?
Une crise mondiale : le recyclage à bout de souffle
Le recyclage mécanique, largement utilisé aujourd’hui, a déjà atteint ses limites. Ce processus, qui consiste à broyer et refondre les plastiques, mélange souvent des matériaux aux propriétés chimiques incompatibles. Cela fait que les matériaux sont fragilisés et relégués à des utilisations de moindre valeur, comme des tapis ou des produits non alimentaires.
Selon un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), environ 430 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année. Près de la moitié finit dans une décharge, tandis que 22 % sont mal gérées et se retrouvent dans l’environnement. De plus, le monde avait atteint le Plastic Overshoot Day le 5 septembre. Pour rappel, il s’agit du jour où les résidus plastiques dépassent la capacité des systèmes de gestion des déchets à traiter les quantités massives produites.

Le professeur John Hartwig et son équipe se sont donc penchés sur cette problématique et ont conçu une méthode chimique basée sur des catalyseurs solides, combinant le tungstène et le sodium. « Les plastiques sont des matériaux fantastiques […] Ils sont beaucoup plus légers que le verre ou le métal, mais peuvent être suffisamment résistants », a déclaré le scientifique lors d’une interview avec Interesting Engineering.
Une nouvelle méthode fort prometteuse
Le procédé, appelé recyclage chimique, fonctionne en brisant les liaisons carbone-carbone des polymères de polyéthylène (PE) et de polypropylène (PP) pour les transformer en blocs de base, tels que le propylène. Ce matériau est ensuite utilisé pour produire de « nouveaux plastiques », sans perte de qualité.
Contrairement aux catalyseurs solubles coûteux et difficiles à récupérer, leurs homologues solides utilisés ici sont peu onéreux, réutilisables et adaptés aux processus industriels. À une température modérée de 320 °C, cette approche atteint un rendement supérieur à 90 %, ouvrant la voie à une véritable économie circulaire.
Le procédé permet de « vaporiser » les plastiques en produits de haute valeur. Cette avancée réduit la dépendance aux ressources fossiles et limite les déchets, tout en rendant le recyclage économiquement attractif. À terme, cette méthode pourrait non seulement transformer les déchets plastiques en ressources précieuses, mais également diminuer considérablement l’impact environnemental de la production.
Bien que la technologie soit encore à ses débuts, les perspectives industrielles sont prometteuses. Le défi réside désormais dans l’optimisation des catalyseurs et l’augmentation de la capacité des réacteurs. Néanmoins, les chercheurs restent optimistes quant à une mise en œuvre industrielle dans un avenir proche. « On pourrait envisager d’augmenter l’échelle de la réaction en améliorant le catalyseur et l’ingénierie des réacteurs. [Cependant], il est trop difficile de prédire l’échelle de temps et la probabilité d’une commercialisation de cette méthode », ajoute John Hartwig.
