Google : vers une (non)évolution des cookies « tiers » ?

Par Aghiles Slamani Publié le 23/07/2024 à 16:30
Google et cookies tiers
Google et cookies tiers © Point GPhone

Alors que le respect de la vie privée fait rage au sein des entreprises, Google a pris la décision de conserver les cookies « tiers » sur son application après avoir annoncé il y a cinq ans leur retrait. Que signifie ce changement de politique pour les utilisateurs ?

D’après le vice-président de Google, la firme compte explorer « une nouvelle expérience qui permettra aux internautes de faire un choix éclairé » sur l’ensemble de leur navigation web. Mais que cache ce soudain revirement de situation ?

Pourquoi cette volte-face de la part de Google ?

Par définition, un cookie « tiers » est un fichier intégré par un site visité par l’internaute pour être stocké localement. Son but est de mesurer l’audience ou de proposer une publicité plus « ciblée ».

Après avoir indiqué le retrait de ces cookies, le moteur de recherche fait marche arrière, lundi 22 juillet 2024, et compte bien continuer à exploiter ces cookies pour proposer aux internautes des publicités plus pertinentes.

Anthony Chavez, vice-président de Privacy Sandbox chez Google, a expliqué qu’au lieu de supprimer les cookies comme prévu, Chrome compte entamer une « nouvelle expérience » qui permettra aux utilisateurs de faire un « choix éclairé » sur l’ensemble de leur navigation web.

Il convient de noter que cette décision passera d’abord par une approbation des autorités de régulation, notamment dans l’Union européenne et en Grande-Bretagne. « Nous sommes déçus que Google ait changé ses plans… Nous pensons que bloquer les cookies « tiers » serait un pas en avant pour les consommateurs », a réagi Stephen Bonner de Information Commissioner’s Office (ICO). Il explique que malgré la décision de la firme de Mountain View, des alternatives plus respectueuses doivent être mises au point pour faire face aux « méthodes de pistage encore plus opaques ».

Une mainmise renforcée ?

Les cookies « tiers » sont depuis longtemps décriés par de nombreuses associations qui estiment qu’il y a atteinte à la vie privée des internautes. C’est pour cette raison qu’ils sont soumis à une règlementation très stricte sur le territoire européen en vertu du Règlement général sur la protection des données (RGPD).

Les éditeurs reliant leurs revenus publicitaires à ces cookies se sont opposés à leur retrait, car selon eux, Google détiendrait une montagne de données cachées derrière le projet « Privacy Sandbox ». Celles-ci refléteraient le comportement des utilisateurs et seraient « refusées à d’autres ». Bien que l’entreprise affirme que les alternatives fonctionnent bien, des entreprises comme Criteo ou Index Exchange ne partagent pas le même point de vue.

De son côté, Google permet encore l’utilisation de ses API pour ne pas conserver une mainmise sur la publicité ciblée. Tandis que cette décision vient calmer la concurrence qui craint une rupture de l’accès aux cookies, la Competition and Markets Authority (CMA) a affirmé « examiner de près » les nouveaux plans de Google afin de dégager une idée sur son approche concurrentielle de la publicité ciblée.

Diplômé d'un Master en Automatique et Informatique Industrielle, j'exerce en tant que rédacteur spécialisé dans le domaine technologique, entre autres. Mon objectif est de proposer des contenus riches et variés, couvrant une vaste gamme de sujets.