Google teste une fonctionnalité controversée sur iOS : des liens automatiques insérés dans des sites tiers renvoyant à ses propres services. Une initiative qui inquiète les webmasters et les régulateurs. Entre innovation audacieuse et nouvelles accusations d’abus de position dominante, cette démarche pourrait bien relancer les débats sur la concurrence en ligne.
Google intègre, de force, des liens vers son moteur de recherche
Google expérimente une nouvelle fonctionnalité sur son application iOS qui suscite de vives discussions. Cette initiative, appelée Page Annotations, insère automatiquement des liens vers son moteur de recherche et sa base de données Knowledge Graph sur des sites tiers. Une pratique qui divise les experts et les utilisateurs.
Google : une fonctionnalité qui pourrait être très intrusive
Baptisée Annotations, cette option, limitée pour l’instant à l’application iOS de Google, identifie des termes jugés pertinents sur les pages web visitées. Ces « mots-clés » sont ensuite enrichis de liens renvoyant vers des contenus Google, tels que des résultats du Knowledge Graph ou des informations sur des lieux spécifiques. Par exemple, un article mentionnant un lieu sur un site japonais, comme le château d’Osaka, peut se voir associer à un lien dirigeant vers Google Maps.
Cependant, cette insertion ne modifie pas directement les pages vues via des navigateurs tiers, comme Safari ou Chrome. Malgré cela, cette initiative pourrait, selon certains experts, ouvrir la voie à des pratiques similaires sur d'autres plateformes. Par ailleurs, cette méthode pose des questions éthiques et techniques importantes.
Les propriétaires de sites tiers ne sont pas consultés avant l’activation de ces annotations. Par défaut, leurs contenus sont présumés compatibles avec cette fonctionnalité, et ils doivent effectuer une demande explicite via un formulaire pour refuser ce procédé. Ce processus peut prendre jusqu’à 30 jours avant d’être effectif. Alors, serait-ce une menace pour l'indépendance des créateurs de contenu ?
Annotations : quel est son impact sur les créateurs de contenu ?
Pour de nombreux créateurs de contenu et administrateurs de sites, cette pratique ressemble à une appropriation indirecte de leur travail, transformant potentiellement leurs plateformes en espaces publicitaires pour les services de Google. Ces critiques interviennent, alors que la firme de Mountain View fait déjà face à des enquêtes pour abus de position dominante en Europe et aux États-Unis.
Au-delà des problématiques pour les webmasters, cette fonctionnalité soulève des inquiétudes quant à l’expérience utilisateur. Sur des pages déjà riches en liens, ces annotations pourraient perturber la navigation en introduisant des liens redondants ou inattendus. Les utilisateurs risquent de se retrouver désorientés, ne sachant pas toujours si un lien les renvoie vers un autre contenu du site ou vers une fenêtre pop-up Google.
L'initiative du géant étasunien arrive à un moment délicat. Alors que l’entreprise tente de diversifier ses services, ces pratiques pourraient exacerber les tensions avec les régulateurs, surtout dans un contexte de vigilance accrue envers les mastodontes de la tech.
