DeepSeek, le chatbot chinois qui défie ChatGPT, est désormais banni dans plusieurs pays. Cybersécurité, espionnage, fuite de données… pourquoi les gouvernements craignent-ils cette IA ? Quels sont les risques pour les utilisateurs ? Découvrez les révélations inquiétantes sur l’outil controversé de Pékin !
DeepSeek banni ? Pourquoi ce chatbot chinois inquiète plusieurs pays
DeepSeek, un chatbot d’intelligence artificielle développé en Chine, inquiète plusieurs gouvernements à travers le monde. Alors qu’il se positionne comme un concurrent sérieux de ChatGPT et d’OpenAI, plusieurs pays, dont l’Italie, Taïwan, la Corée du Sud et les États-Unis, ont restreint ou interdit son utilisation. En cause : des risques de cybersécurité, des craintes de surveillance par Pékin et des failles potentielles dans la gestion des données personnelles.
Des interdictions en cascade pour des raisons de cybersécurité
DeepSeek a été lancé en mai 2023 et s’est rapidement imposé comme l’une des IA les plus performantes du marché, rivalisant avec les modèles occidentaux tout en étant moins coûteux. Cependant, cette montée en puissance a suscité une méfiance immédiate dans plusieurs pays.
L’Italie a été la première à interdire DeepSeek, invoquant des insuffisances dans la protection des données. Les autorités ont estimé que la startup chinoise ne garantissait pas suffisamment la sécurité des informations personnelles de ses utilisateurs. Cette décision a rapidement été suivie par Taïwan, qui a banni DeepSeek des réseaux gouvernementaux et des infrastructures critiques, craignant des intrusions dans ses systèmes sensibles.
En Corée du Sud, plusieurs ministères, dont celui en charge des relations avec la Corée du Nord, ont bloqué l’accès à DeepSeek sur les ordinateurs administratifs et les réseaux militaires. Séoul a justifié cette interdiction par des risques de cyberespionnage et une possible collecte de données par les autorités chinoises. De son côté, l’Australie a aussi exprimé des inquiétudes sur la sécurité de l’application et a demandé une enquête approfondie sur son fonctionnement.
Aux États-Unis, des parlementaires ont déposé une proposition de loi visant à interdire DeepSeek sur les appareils gouvernementaux. Le chatbot est présenté comme une menace potentielle pour la cybersécurité nationale, en raison de son affiliation présumée avec le Parti communiste chinois.
Italie, Australie... Pourquoi des pays ont interdit l'IA chinoise Deepseek?https://t.co/UVsf0xblGg pic.twitter.com/VAliKh3p1A
— BFM IA (@BFM_IA) February 7, 2025
Un risque de surveillance et une collecte massive de données
Au cœur des préoccupations se trouve la gestion des données personnelles par DeepSeek. Selon une enquête de Privado, une entreprise spécialisée dans la confidentialité numérique, le chatbot collecte et partage des informations sensibles, telles que :
- Les identifiants uniques des utilisateurs
- L’historique des conversations
- Les données de localisation et de langue
- Les frappes au clavier, ce qui signifie que toute interaction avec l’application est enregistrée
Ces informations seraient ensuite partagées avec ByteDance (maison mère de TikTok), Tencent et Google, suscitant des inquiétudes quant à un transfert massif de données vers la Chine.
Plusieurs experts rappellent que les lois chinoises obligent les entreprises locales à coopérer avec le gouvernement. L’article 7 de la loi sur le renseignement national chinois impose aux entreprises technologiques de fournir des données aux autorités en cas de demande. De plus, l’article 37 de la loi sur la cybersécurité exige que toutes les données collectées sur des utilisateurs étrangers soient stockées en Chine, ce qui accroît la crainte d’une exploitation des informations personnelles par Pékin.
Si le gouvernement chinois assure qu’il ne contraint pas ses entreprises à transmettre des données sans autorisation légale, plusieurs gouvernements occidentaux estiment que les risques sont trop élevés pour permettre l’utilisation de DeepSeek au sein de leurs institutions.
DeepSeek, une IA perçue comme une menace stratégique
Au-delà des questions de cybersécurité, l’essor de DeepSeek est perçu comme un défi stratégique par les États-Unis et leurs alliés. Depuis plusieurs années, la Chine investit massivement dans l’intelligence artificielle et ambitionne de rattraper son retard sur les géants américains comme OpenAI, Google et Microsoft.
DeepSeek a notamment été développé avec des puces H800, des semi-conducteurs autorisés à l’exportation vers la Chine jusqu’à fin 2023. Cette utilisation montre que même avec des restrictions sur l’accès aux technologies avancées, la Chine est capable de développer des modèles IA performants.
Une autre préoccupation majeure concerne la désinformation et la manipulation de l’opinion publique. Une étude menée par NewsGuard a révélé que DeepSeek diffuse des informations erronées dans 83 % des cas lorsqu’il est interrogé sur l’actualité. Ce taux d’erreur très élevé pose la question de l’intégrité des contenus générés par cette IA et du risque qu’elle puisse être utilisée pour manipuler l’opinion publique.
Un avenir incertain pour DeepSeek
Face à ces nombreuses restrictions, l’avenir de DeepSeek à l’international semble compliqué. Tandis que certains pays optent pour des interdictions strictes, d’autres surveillent encore de près l’évolution de la situation. Cette affaire rappelle celle de TikTok, également dans le viseur des autorités américaines pour des raisons similaires de cybersécurité et de protection des données.
Si DeepSeek continue d’être perçu comme une menace potentielle, d’autres IA chinoises pourraient bientôt subir le même sort, dans un contexte où la rivalité technologique entre Washington et Pékin ne cesse de s’intensifier.
